| Qu'est-ce
qu'une lagune ?
C'est
une étendue d'eau peu profonde, isolée
de la mer par une barrière littorale,
située en un point de rencontre des eaux
fluviales et des courants marins. Généralement,
un cordon de sable barre l'entrée de
la lagune, résultat des actions contraires
des fleuves et des courants marins: Les fleuves
y déposent des alluvions et ont tendance
à obstruer la lagune. Les courants marins
ont tendance à raviner la lagune. C'est
donc une zone parfaitement instable, et à
l'échelle géologique, destinée
à disparaitre.
VOIR L'ANIMATION
Mais,
c'est une zone trés riche, renfermant
un écosystème complexe : milieu
marin, prés de la mer, milieu consituté
d'eau douce, prés de l'embouchure des
fleuves et milieu intermédiaire d'eau
plus ou moins saumatre. Flore et faune remarquables.
La
lagune de Venise
C'est
une partie de l'ancien delta du Pô et
l'embouchure également du Piave et de
la Brenta.
Depuis
quelques siècles, cet équilibre
fragile entre les 2 opposés naturels
que sont les fleuves et les courants marins,
doit aussi compter avec une troisième
composante : l'homme. L'histoire de la lagune
de Venise est intimement liée à
l'histoire même de Venise.
En
effet, l'homme peupla la lagune , dés
le début de notre ère. Habitat
sur pilotis, construction de digues (déjà),
activités de pêche, chasse, agriculture
et production de sel. La lagune offrait en outre
une excellente protection contre les envahisseurs,
puisqu'elle ne permettait que la navigation
sur des bateaux à fond plat.
Dans
cet ensemble de terres et d'eau étroitement
mélées, on trouve une multitude
d'îles, la plupart habitées, des
barènes et des
velmes. On circule dans des chenaux, matérialisés
par des "bricole" (bricola au singulier,
en vénitien) ou ducs d'Albe. L'homme
a aménagé des viviers qui piègent
le poisson, les "valli di pesca",
pour y élever daurades, loups, anguilles
et mulets.
Evolution
de la lagune et action positive de l'homme
Mais,
ces fleuves étant trés chargés
en alluvions, la lagune avait tendance à
se combler. Par l'eau stagnante et devenue peu
profonde, se développait la malaria.
La
Brenta, trop riche en alluvions, menaçait
de combler la lagune. Par l'eau devenue stagnante
se développait la malaria. La Brenta
fut donc détournée au Sud de la
lagune.
Au
16e siècle, certains bras du delta du
Pô furent également déviés
vers le Sud.
Au
17e siècle, le Piave fut repoussé
vers le Nord. Le Sile, plus modeste, prit sa
place.
A
l'inverse, la mer érodait la partie centrale
des îles. Au 18e siècle, on renforça
donc la barrière littorale par des défenses
en pierre, les "murazzi".
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Les
particuliers, eux, cherchaient à
gagner sur les marécages, pour
développer l'agriculture. Aussi,
fut-il réglementé, voire
interdit tout assèchement de marais,
et en 1791, la République de Venise
établit un tracé topographique
de la lagune, comportant 99 bornes.
C'est
donc l'homme qui a permis à la
lagune de subsister... du moins tant qu'il
utilisait des bateaux de faible tirant
d'eau.
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La
BRICOLA délimite le
chenal. On navigue du
côté de la marque blanche |
Action
néfaste de l'homme
Le
développement économique induisit
le creusement de chenaux de grande profondeur
(jusqu'à 15m) à l'intérieur
de la lagune, pour permettre aux bateaux de
forts tonnages de remonter, depuis la mer jusqu'au
port maritime de Venise, au complexe pétrolier
de Porto Marghera ou au terminal de San Leonardo.
Ces "autoroutes" pour les courants
marins, et notamment lors des fortes marées,
ont profondément déséquilibré
l'écosystème fragile, provocant
des inondations de plus en plus fréquentes.
Ce phénomène est connu sous le
nom de " l'acqua
alta ". Auquel on doit ajouter
l'abandon des barènes non entretenues
qui, peu à peu, s'érodèrent
et ne jouèrent plus leur rôle de
régulateur des marées et courants
marins.
La
motorisation des barques et bateaux circulant
à grande vitesse provoqua également
un ravinement accru des berges et la sappe des
édifices.
Les
transports, les rejets industriels, le développement
du tourisme ont apportés aussi leur lot
de pollution.
et
aujourd'hui ...
C'est
donc tout naturellement que Venise a pris conscience
de cette dégradation et a tenté
d'y remédier, grâce à l'aide
internationale, notamment française.
Désormais,
le complexe pétro-chimique est fermé.
La vitesse est considérablement réduite
sur les canaux. Les barennes sont réhaussées
peu à peu. Des projets sont à
l'étude pour controler les inondations.
La
lagune va mieux, mais elle est encore fragile.
Quelques
repères
- 551
km2, dont 305 Km2 de bassins lagunaires
-
1/4 de terres émergées
-
Profondeur moyenne 0,67 m
-
Profondeur maximale: 15m à la
passe de Malamocco
-
Barène : Petit îlot inculte,
souvent immergé lors des fortes
marées
-
Velme : Terre immergée, parfois
découverte lors des basses eaux
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